Pour
une première fois à Markala
Une impression de paradoxe accueille le visiteur qui arrive
pour la première fois à Markala la veille de l’ouverture
de Fesmamas. La cité ouvrière ne va pas tardée
a passer d’un quasi silence de cathédrale à
une effervescence totale en peu de temps.
Le
festival a ses secrets: jeudi dernier presqu’aucun signe
d’animation n’était perceptible. Le Dounan
ne sent pas les préparatifs de la manifestation comme
cela serait le cas dans toute autre localité organisant
pareille rassemblement. Si l’on se referait a l’ambiance
qu’entretenaient les artistes a bord de notre bus on aurait
cru être en escale a Markala. Aucune banderole aux carrefours
les plus fréquentés. Seules quelques affiches
restent tout de même visibles sur certains troncs d’arbres.
Last but not last.
A
la cérémonie d’ouverture d’hier, peu
de Markalais se sont bousculés pour voir le spectacle
de la place publique de Kirango I. On pourrait dire qu’ils
n’ont d’ailleurs rien raté, puisqu’il
n’y a eu qu’une marionnette et pas de masque. On
a eu droit à quelques pas de danse esquissés par
le « Milo » de la Côte d’Ivoire, «
Dodo » du Burkina Faso, des Dogon et des Peuls et le «
Sambala Nion ».
A
la fin de cette matinée initiale, qui nous a laissé
sur notre faim, un organisateur ironise : « on a fait
express de vous poser un tel lapin ». On a eu pour notre
compte l’après midi. C’est aussi cela la
fête des masques et marionnettes de Markala. Pour cette
seconde étape de la journée la foule a très
tôt prise d’assaut la place de Kirango , «
Karanga officiel » du festival.
Le
gouverneur de la 4ème région, l’ambassadeur
américain, des invités mais aussi des touristes
anonymes sont présents au grand complèt. Les troupes
défilent au milieu de la scène, le rythme s’accélère,
les percussionnistes font montés la mayonnaise à
travers leurs rythmes tonitruants. Après les bobos du
« Meizan », ce sont les bambara d’un vieux
quartier de Bamako : N’Gomi qui réchauffent les
spectateurs avec leur « voiture », sur la quelle
on peut lire « Air N’Gomi ». La foule n’a
de cesse d’applaudir. Puis arrivent successivement Waraba-Tiatio
et Waraba, tous de Kirango II.
Le
public réagit favorablement, montrant qu’il connaît
bien ces deux masques. Cela fait monter davantage le mercure
qui fini par atteindre son top niveau avec l’arrivée
des poissons du Diakan king. De gros poissons, dont le premier
est tout en noirs avec parement blanc et le second à
la couleur argenté. Les poissons sont encensés
par deux chanteuses à la polyphonie stridente et excitante,
nagent à tour de rôle au milieu d’une foule
déjà enfiévrée. Sous la poussée
de cette dernière, le cercle de la prestation des troupes
est sérieusement rétrécit . En un seul
après-midi le Fesmamas ne vient-il pas de battre un record
d’affluence et d’émotions!? Les autres spectacles
nous le diront.
YOUSSOU